LÉGISLATIVES NATIONALES : DES SURPRISES DES LEÇONS ET DES QUESTIONS !

par Dhino KAZADI

L’attente a été longue, mais elle valait la peine. « l’homme pressé doit savoir prendre son temps », dit un proverbe chinois. Et la commission électorale nationale indépendante (Ceni), l’a bien compris. Elle a pris son temps, a maintenu le suspense. Mais au bout du bout, le bon grain a été séparé de l’ivraie, et les urnes ont tranché.

477, c’est le nombre de députés nationaux publiés par la centrale électorale dans la nuit de samedi au dimanche 14 janvier. Ces heureux élus (provisoirement) en tout cas, s’ils venaient à être confirmés par la cour constitutionnelle, vont, pendant les cinq prochaines années, siéger à l’assemblée nationale, faire et défaire les lois, contrôler le gouvernement et mettre la république sur la bonne orbite.

Les leçons !

Il est désormais de coutume de voir comment chaque cycle électoral, depuis le premier en 2006, nous réserve son lot de surprises et de désillusions aussi. Et celui de 2023, n’a pas dérogé à la règle. Si dans l’ensemble, la coalition au pouvoir se taille la part du lion, avec une écrasante majorité qui va permettre au président réélu de déployer toute sa vision et d’exercer sans anicroche sa politique.

Il est tout de même surprenant de voir que certains cadors, et pas n’importe lesquels : des têtes de gondole bien connus de tous, appartenant au camp au pouvoir, ont mordu la poussière. Une déculottée qui sonne comme une sanction de la population à leur égard. À cause de leur excès de zèle, de leur excès de confiance, de leurs promesses qui se volatilisent une fois qu’ils sont élus.

Les questions !

Plus qu’une simple question, c’est un motif d’inquiétude. L’opposition et son cortège de leaders n’a glané que près d’une trentaine de sièges. Un sérieux recul, qui risque de coûter cher au cours de la législature. Pour avoir jouer à un jeu dangereux, valsant entre le boycott et la participation, l’opposition ne fait que recueillir les résultats de ses tâtonnements.

Face à un parlement qui risque d’être souverainement monocolore, entièrement à la solde du pouvoir, il convient déjà de souligner que la majorité n’aura que pour seule vraie opposition, le peuple. Qui à défaut d’être au parlement, suivra de près tout ce qui va s’y passer, et descendre dans la rue s’il le faut, pour exprimer son mécontentement et barrer la route à toute décision périlleuse.

En attente des 23 derniers élus qui devraient rejoindre les 477 provisoirement proclamés, en attente des contentieux et des joutes devant les juges, en attente de la validation définitive par la cour constitutionnelle. On est en droit de dire que Denis Kadima, et tout son bureau sont en train de réussir leur pari…

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