LE JOURNALISTE ET LA POLITIQUE : chronique d’une tentation éternelle !

 

Par César OLOMBO

Le journalisme mène à tout. Cette brève citation, est l’une des plus aimées des journalistes congolais lorsqu’ils veulent justifier leurs déboires, leurs égarements ou encore leur désertion pour ne pas dire leur perdition.

Dès 2006, lors du premier cycle électoral en République démocratique du Congo, il s’observait d’ores et déjà une certaine migration, lente bien-sûr, mais visible, des journalistes vers la politique. Près de de deux décennies plus tard, cette évolution est montée en flèche, le nombre de journalistes qui font le grand saut, sans se voiler la face, dans la politique active est record.

Aidés par leur aura, la notoriété que leur octroie leur métier, plusieurs chevaliers de la plume et du micro ne résistent plus aux sirènes de la politique qui charment et aguichent les esprits de toutes les classes de la société congolaise, sans exception aucune. Tout le monde se rêve d’être honoré, tout le monde veut devenir honorable. Un privilège bien trop grand, bien trop tentant pour ne pas attiré plus d’un.

Revenons aux journalistes. Cette migration des teneurs du quatrième pouvoir vers la politique doit elle inquiéter ? Bien-sûr que oui. Voir un nombre aussi important de journalistes tourner le dos et faire une croix sur leur métier de prédilection, lequel métier est censé faire le contrepoids à la politique qu’ils embrassent quasi voracement, interroge, questionne sur l’avenir de la presse en RDC qui semble être plus que jamais en danger.

Pour ce scrutin électoral, il s’observe un nombre important de journalistes et animateurs de télés et radios sur la liste des candidats députés nationaux et provinciaux. Et, sans honte ni vergogne, certains journalistes se servent de leurs atouts (les puissants outils de communication à leur disposition) pour étendre leur popularité et consolider leur avance sur leurs concurrents. Un combat non équilibré, une concurrence déloyale estiment les autres candidats non journalistes, qui n’ont pas les mêmes armes, et surtout qui connaissent la puissance des médias, et leur influence sur la masse. Et oui, le combat politique a toujours et souvent été celui de la conquête des masses.

Etre bon journaliste fait-il nécessairement de vous bon politique ou plus exactement bon gouvernant ? Pas forcément. Les expériences précédentes nous montrent que la plus part des journalistes qui s’érigent en donneurs de leçons quand ils ne sont pas aux affaires, une fois qu’ils intègrent la sphère politique, ne sortent pas toujours du lot, à quelques exceptions près. Toutes les bonnes intentions n’étaient que leurre, une stratégie pour s’attirer la sympathie des électeurs.

Alors que la RDC se rapproche frénétiquement de la date fatidique du 20 décembre 2023, à laquelle sont prévues les élections générales. La migration ou la désertion des journalistes pour la politique jugée plus rentable, plus fructueuse et plus clinquante comme métier, doit interroger, doit inquiéter les quelques rares journalistes inspirants et inspirés.

Il est vrai que le métier s'adjuge le rôle d'un pandémonium. difficile de joindre le standing qu'exige la célébrité engendrée par ce métier et son modèle économique aujourd'hui proche de celui des braves manutentionnaires de limeté, mais rien ne justifie cette reconversion nocive qui pousse à l'autre question fatidique ; qui sauvera ce métier si ce n'est ses enfants vertébrés ?

L’avenir du métier de journaliste est peut-être en danger. Il est temps que les professionnels s’interrogent, se remettent en question et trouvent une nouvelle recette attrayante avant que le mal ne devienne incurable…

Non, la politique ne doit pas devenir le seul métier qui fait rêver en RDC, ce serait un dangereux privilège qu’on lui donne. Et une terrible menace à la démocratie. Et le quatrième pouvoir élément central de la trilogie de l'action publique a besoin de ses fils et filles qui ont gravi les échelons pour plaider sa cause auprès du pouvoir public juge est partie des déboires de ce corps noble

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